Comprendre la Corse · Culture
Grandes figures de la Corse : de Sampiero à Tino Rossi
Grandes figures de la Corse : Sampiero Corso, Théodore de Neuhoff, Pascal Paoli, Napoléon, le cardinal Fesch, les résistants de 1943 et Tino Rossi, en dates.
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L’histoire de la Corse est marquée par quelques personnages connus bien au-delà de l’île. Certains ont combattu pour elle, d’autres ont gouverné la France, d’autres encore ont donné leur vie pendant la Seconde Guerre mondiale ou porté la chanson corse dans le monde entier. Ce dossier présente ces grandes figures, de la Renaissance au XXe siècle. Il s’en tient aux faits établis, avec leurs dates. Quand les sources ou les historiens ne sont pas d’accord, les deux versions sont indiquées.
Sampiero Corso, capitaine du XVIe siècle
Sampiero Corso naît le 23 mai 1498 à Bastelica. Certains historiens le font naître à Bastelicaccia, près du golfe d’Ajaccio. Très jeune, il devient soldat à Florence, au service des Médicis, puis du pape. Il passe ensuite au service des rois de France. En 1547, il commande les bandes corses de l’armée française.
En 1553, avec le soutien du roi Henri II, il débarque en Corse et prend la citadelle d’Ajaccio, alors génoise. Mais en 1559, le traité du Cateau-Cambrésis rend l’île à la république de Gênes. En 1563, il fait juger et condamner à mort son épouse, Vannina d’Ornano, qui avait cherché à négocier avec Gênes. En 1564, il revient en Corse et reprend la lutte, avec peu de moyens. Il est tué dans une embuscade le 17 janvier 1567, près d’Eccica-Suarella.
Sa mémoire est entretenue de différentes façons. Une statue de Vital Dubray se dresse à Bastelica. Le courant nationaliste corse le considère comme l’un de ses premiers représentants, parce qu’il a combattu la domination génoise. Une légende veut que Shakespeare se soit inspiré de son histoire pour Othello ; elle n’est pas prouvée.
Théodore de Neuhoff, le roi d’un été
Théodore de Neuhoff est un aventurier allemand, né le 27 août 1694 à Cologne selon la plupart des sources ; d’autres le font naître à Metz. Au début du XVIIIe siècle, les Corses se sont révoltés contre Gênes. Neuhoff leur promet de l’aide et débarque à Aléria le 20 mars 1736.
En avril 1736, une assemblée réunie au couvent d’Alesani le proclame roi de Corse. Les sources hésitent sur le jour exact : le 13 ou le 15 avril. Son règne dure quelques mois. Le 10 novembre 1736, il quitte l’île depuis Solenzara, en confiant le pouvoir à un conseil de régence. Il meurt à Londres le 11 décembre 1756.
Pascal Paoli, surnommé « U Babbu di a Patria »
Pascal Paoli naît le 6 avril 1725 à Morosaglia, dans la piève du Rostino. En juillet 1755, il est élu général de la nation corse. En novembre 1755, une consulte réunie à Corte adopte une Constitution. En 1765, il ouvre l’université de Corte.
En 1768, Gênes cède l’administration de la Corse à la France. L’armée de Paoli est battue à Ponte-Novu, les 8 et 9 mai 1769, et il part en exil en Angleterre. Il revient en Corse en 1790, au début de la Révolution, puis rompt avec les révolutionnaires en 1793. Il repart pour Londres en 1795 et y meurt le 5 février 1807. Ses cendres sont ramenées à Morosaglia en 1889.
Sa vie est racontée en détail sur la page consacrée à Pascal Paoli, avec ses sources.
Napoléon Bonaparte et le cardinal Fesch, deux Ajacciens
Napoléon, de la Corse à l’Empire
Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769 à Ajaccio, dans la maison familiale. Il quitte l’île le 17 décembre 1778, à neuf ans, pour étudier en France. Il entre à l’école de Brienne le 15 mai 1779.
Jeune officier, il admire d’abord Pascal Paoli. Selon la Fondation Napoléon, leurs relations se dégradent ensuite, jusqu’à la rupture. En mai 1793, la maison des Bonaparte à Ajaccio est pillée par des partisans de Paoli. En juin 1793, la famille quitte la Corse depuis Calvi pour Toulon. Napoléon ne revient dans l’île qu’une fois, brièvement, en octobre 1799, au retour d’Égypte.
La suite est connue : il est sacré empereur à Paris le 2 décembre 1804. Il abdique en 1814, puis à nouveau le 22 juin 1815. Il meurt en exil à Sainte-Hélène le 5 mai 1821. Ses restes sont ramenés aux Invalides, à Paris, le 15 décembre 1840. Sa maison natale, donnée à l’État en 1923, est devenue musée national en 1967.
Le cardinal Joseph Fesch
Joseph Fesch naît à Ajaccio le 3 janvier 1763. Il est le demi-frère de Letizia Ramolino, la mère de Napoléon, donc l’oncle de l’empereur. Il devient archevêque de Lyon en 1802, puis cardinal le 17 janvier 1803. Il meurt à Rome le 13 mai 1839. Il lègue à sa ville natale une grande partie de sa collection de tableaux, à l’origine du musée Fesch. Ce musée est présenté dans le dossier littérature et arts.
Danielle Casanova, Fred Scamaroni, Jean Nicoli : trois résistants
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Corse est occupée par l’armée italienne à partir du 11 novembre 1942, rejointe en juin 1943 par une brigade SS allemande. Elle devient le premier territoire français libéré, le 4 octobre 1943, selon le ministère des Armées. Plusieurs Corses se sont illustrés dans la Résistance, en Corse comme sur le continent.
Danielle Casanova
Vincentella Perini naît à Ajaccio le 9 janvier 1909. Chirurgienne-dentiste, elle prend le nom de Casanova en épousant Laurent Casanova en 1933. Elle participe à la fondation de l’Union des jeunes filles de France, dont elle devient secrétaire générale en décembre 1936. Elle est arrêtée par la police française le 15 février 1942. Le 24 janvier 1943, elle est déportée de Compiègne vers Auschwitz, avec environ 230 femmes. Elle y meurt le 9 mai 1943, à 34 ans. Des rues, des navires et un timbre (1983) portent son nom ou son portrait.
Fred Scamaroni
Fred Scamaroni naît à Ajaccio le 24 octobre 1914. En juin 1940, il rejoint l’Angleterre et s’engage dans les Forces françaises libres. Le 7 janvier 1943, un sous-marin britannique le dépose en Corse pour une mission clandestine. Il est arrêté à Ajaccio dans la nuit du 18 au 19 mars 1943 par la police politique italienne. Il meurt le 19 mars 1943 dans sa cellule de la citadelle d’Ajaccio, après avoir été torturé ; les sources indiquent qu’il s’est donné la mort pour ne rien révéler. Il est fait Compagnon de la Libération à titre posthume en octobre 1943.
Jean Nicoli
Jean Nicoli naît le 1er septembre 1899 à San-Gavino-di-Carbini. Instituteur, il enseigne en Corse puis en Afrique. En 1942, il est l’un des responsables du Front national de la Résistance dans la région d’Ajaccio. Arrêté en juin 1943, il est condamné à mort par le tribunal militaire italien de Bastia et exécuté le 30 août 1943. Des établissements et des rues portent son nom, à Bastia, Ajaccio, Corte ou Sartène.
Tino Rossi, la voix de la Corse
Constantin Rossi, dit Tino Rossi, naît à Ajaccio le 29 avril 1907. Son premier disque, vers 1932, contient deux chansons en corse, O Ciuciarella et Nini-Nanna. En 1934, il est engagé au Casino de Paris. Il tourne ensuite dans une trentaine de films, de 1934 à 1970.
Sa chanson Petit Papa Noël, sortie en 1946, devient l’un des plus grands succès du disque en France. Il chante aussi la Corse, par exemple dans Ô Corse, île d’amour (1934). Il meurt le 27 septembre 1983 à Neuilly-sur-Seine. Il est inhumé le 1er octobre 1983 au cimetière marin d’Ajaccio. Le chant corse d’hier et d’aujourd’hui est présenté dans le dossier chant et polyphonie.
En résumé
- Sampiero Corso (1498-1567) a combattu la domination génoise au service de la France ; il est tué en 1567.
- Théodore de Neuhoff a été proclamé roi de Corse en avril 1736 et a quitté l’île sept mois plus tard.
- Pascal Paoli (1725-1807) a donné à la Corse une Constitution en 1755 et une université en 1765.
- Napoléon Bonaparte, né à Ajaccio en 1769, a quitté l’île avec sa famille en 1793 après la rupture avec Paoli.
- Danielle Casanova, Fred Scamaroni et Jean Nicoli sont morts pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1943.
- Tino Rossi (1907-1983), chanteur et acteur, a enregistré parmi les premiers disques de chansons corses.
Sources
- Wikipédia – Sampiero Corso
- Wikipédia – Théodore de Neuhoff
- Wikipédia – Pascal Paoli
- Fondation Napoléon – Napoléon et la Corse (itinéraire, mis à jour en juillet 2023)
- Fondation Napoléon – Musée national de la Maison Bonaparte, Ajaccio
- Fondation Napoléon – 15 décembre 1840 : le retour des Cendres, Napoléon Ier revient à Paris
- Wikipédia – Napoléon Ier
- Wikipédia – Joseph Fesch
- Collectivité de Corse – Rapport n° 2025/E2/128 : projets scientifiques et culturels des musées de Corse (musée de Morosaglia, retour des cendres de Paoli en 1889 ; mai 2025)
- Ministère des Armées (Chemins de mémoire) – Septembre 1943, la libération de la Corse
- Ministère des Armées – 80 ans de la libération de la Corse : un récit en trois actes
- Wikipédia – Danielle Casanova
- Wikipédia – Fred Scamaroni
- Wikipédia – Jean Nicoli (résistant)
- Wikipédia – Tino Rossi
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