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L’église d’Eccica et Suarella et son clocher, au bord d’un torrent, au pied de falaises (lithographie de 1821)
Photo : Godefroy Engelmann (lithographe), Rijksmuseum, Domaine public

Village · Corse-du-Sud · Piève de Cauro, vallée du Prunelli

Eccica-Suarella : histoire, économie et enjeux

Eccica-Suarella, deux hameaux face à face dans la vallée du Prunelli, là où Sampiero Corso trouva la mort en 1567 : histoire, économie, finances et enjeux.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Deux hameaux dans la vallée du Prunelli

Eccica-Suarella est une commune de la Corse-du-Sud, dans la vallée du Prunelli, à une quinzaine de kilomètres d’Ajaccio. Comme son nom l’indique, elle réunit deux hameaux, Eccica et Suarella, bâtis sur des collines qui se font face. Elle appartient à l’ancienne piève de Cauro, une circonscription religieuse et administrative de la Corse d’autrefois. Son territoire de 14,47 km² s’étage entre 9 et 544 mètres d’altitude.

Le village est ancien. Selon Wikipédia, le cadastre napoléonien et le plan terrier de la fin du XVIIIe siècle mentionnent les ruines d’un château sur les hauteurs d’Eccica, ce qui pourrait indiquer une origine médiévale. Une lithographie de Godefroy Engelmann, publiée en 1821 et conservée au Rijksmuseum d’Amsterdam, montre déjà l’église d’Eccica et Suarella au bord d’un torrent.

C’est aux environs d’Eccica-Suarella que Sampiero Corso, le capitaine corse né à Bastelica qui avait mené la lutte contre la domination génoise, est tué le 17 janvier 1567. Attiré dans une embuscade par l’un de ses capitaines, il y meurt sous les coups d’hommes parmi lesquels figuraient des cousins de son épouse, Vannina d’Ornano. Une stèle rappelle sa mort ; on l’atteint par un sentier, en une quarantaine de minutes aller-retour selon le guide du Routard.

Dans les années 1860, une partie du territoire de la commune a servi, avec des terres de Bastelica, d’Ocana, de Tavera et de Tolla, à créer la nouvelle commune de Bastelicaccia.

L’économie d’hier

Comme les autres villages de la vallée, Eccica-Suarella a longtemps vécu de l’agriculture et de l’élevage. La commune ne comptait que 313 habitants en 1968, selon l’INSEE. Les cultures permanentes, comme la vigne ou les vergers, couvrent encore 9,3 % du territoire en 2018, d’après les données d’occupation des sols reprises par Wikipédia.

L’économie d’aujourd’hui

Avec la croissance de l’agglomération ajaccienne, le village s’est fortement développé. Il passe de 503 habitants en 1982 à 684 en 1999, puis à 1 090 en 2012 et 1 389 en 2023 : la population a été multipliée par plus de quatre depuis 1968 (selon notre calcul, à partir des chiffres de l’INSEE). La commune fait partie de la couronne de l’aire d’attraction d’Ajaccio.

Eccica-Suarella est d’abord un lieu de résidence. En 2023, la commune offre 128 emplois, alors que 676 de ses habitants ont un emploi. Sur 754 logements, 77 % sont des résidences principales et 23 % des résidences secondaires. Le niveau de vie médian atteint 30 020 euros par an.

Fin 2024, l’INSEE recense 44 établissements employeurs, dont 43,2 % dans la construction, et 176 salariés : 74 dans la construction, 40 dans l’industrie et 33 dans le commerce, les transports et les services. La commune compte un hôtel classé trois étoiles de 37 chambres au 1er janvier 2026. Les forêts couvrent un peu plus de la moitié du territoire (52,4 % en 2018).

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux élections municipales du 15 mars 2026, une seule liste se présentait : « Unioni per l’avvene d’Eccica Suaredda », conduite par Pierre Poli. Elle a obtenu les 15 sièges du conseil municipal et les 4 sièges de la commune au conseil communautaire. La participation a atteint 67,53 % ; les bulletins blancs et nuls ont représenté 9,2 % des votants, selon notre calcul à partir des résultats provisoires du ministère de l’Intérieur.

La commune fait partie de la communauté de communes Celavu-Prunelli, dont le siège est à Bastelicaccia, et du canton de Taravo-Ornano.

Économie et emploi

Le chômage des 15-64 ans baisse lentement : 8,1 % en 2012, 7,5 % en 2017 et 6,7 % en 2023. Il reste élevé chez les 15-24 ans (18,5 % en 2023).

Gestion et finances publiques

En 2025, selon l’OFGL, le budget principal a perçu 1,16 million d’euros de recettes de fonctionnement, soit 822 euros par habitant (population retenue par l’OFGL). Les impôts locaux en sont la première ressource (0,60 million, contre 0,45 million en 2024), devant la dotation globale de fonctionnement de l’État (0,42 million). Les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 1,10 million d’euros, dont 0,52 million de frais de personnel.

L’épargne brute, ce qui reste pour investir ou rembourser la dette, redevient positive en 2025 (53 000 euros), après un léger déficit en 2024 (−3 000 euros). La commune a investi 0,65 million d’euros en équipements en 2024 et 0,40 million en 2025, sans emprunter en 2025. Sa dette atteint 1,23 million d’euros fin 2025, soit 873 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Culture et patrimoine

L’église paroissiale Saint-Thomas se trouve entre les deux hameaux. Elle conserve un tableau du XVIIe siècle, L’incrédulité de saint Thomas, issu de la collection du cardinal Fesch (legs de 1839) et classé au titre des monuments historiques (objet) depuis le 6 mai 1982, selon le ministère de la Culture. Le hameau de Suarella possède aussi sa chapelle.

Les chemins qui relient les deux hameaux et mènent à la stèle de Sampiero Corso offrent des vues sur les vallées du Prunelli et de la Gravona.

Eccica-Suarella en vidéo

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Sources

Crédits photos

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