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Comprendre la Corse · Politique

Les intercommunalités de Corse : qui fait quoi

Intercommunalités de Corse : les 19 communautés de l’île, leur siège, leurs communes, leurs compétences (déchets, eau, économie, tourisme) et leurs budgets.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Les 360 communes de Corse ne travaillent pas seules. Chacune fait partie d’une intercommunalité, c’est-à-dire d’un groupement de communes voisines qui mettent en commun certains services. Ramassage des ordures, développement économique, office de tourisme : beaucoup de services du quotidien sont gérés à cette échelle. Ce dossier explique à quoi sert une intercommunalité, présente les 19 intercommunalités de l’île et donne quelques repères sur leurs moyens.

À quoi sert une intercommunalité

Une intercommunalité est un établissement public qui regroupe plusieurs communes. Elle n’efface pas les communes : les maires et les conseils municipaux restent en place. Les communes lui confient certaines missions, appelées « compétences ». Une fois qu’une compétence est transférée, c’est l’intercommunalité qui s’en occupe à la place des communes.

Les intercommunalités dont il est question ici sont dites « à fiscalité propre » : elles votent leurs propres impôts ou reçoivent une part de la fiscalité locale. Les simples syndicats (par exemple un syndicat des eaux) ne sont pas dans ce cas.

Communauté de communes et communauté d’agglomération

Il existe plusieurs formes d’intercommunalité. En Corse, on en trouve deux.

  • La communauté de communes est la forme de base. Elle porte un projet commun de développement et d’aménagement de l’espace.
  • La communauté d’agglomération concerne les territoires plus urbains. Selon le ministère chargé des collectivités, elle regroupe en principe 50 000 habitants autour d’une ou plusieurs villes de plus de 15 000 habitants. Le seuil descend à 30 000 habitants si le groupement comprend le chef-lieu du département. Elle exerce davantage de compétences obligatoires.

Depuis la loi NOTRe de 2015, une intercommunalité doit en principe compter au moins 15 000 habitants. Ce seuil peut être abaissé, sans descendre sous 5 000 habitants, notamment quand au moins la moitié des communes est située en zone de montagne. C’est le cas d’une grande partie de l’intérieur de la Corse.

Comment sont choisis les élus communautaires

L’intercommunalité est dirigée par un conseil communautaire, composé d’élus municipaux. Dans les communes de 1 000 habitants et plus, les électeurs choisissent leurs conseillers communautaires le même jour que leurs conseillers municipaux, sur le même bulletin : c’est le « fléchage ». Dans les communes de moins de 1 000 habitants, les représentants sont désignés dans l’ordre du tableau du conseil municipal (le maire, puis les adjoints). Selon une note de l’association Intercommunalités de France publiée début 2026, cette règle n’a pas changé avec la loi du 21 mai 2025, qui a étendu le scrutin de liste à toutes les communes.

La liste des 19 intercommunalités de Corse

Depuis le 1er janvier 2017, toute la Corse est couverte par 19 intercommunalités : 2 communautés d’agglomération et 17 communautés de communes. La Corse-du-Sud en compte 7 (124 communes) et la Haute-Corse 12 (236 communes). Le siège et le nombre de communes ci-dessous viennent des fiches BANATIC du ministère de l’Intérieur, consultées en octobre 2026.

En Corse-du-Sud

Intercommunalité Siège Communes
CA du Pays Ajaccien Ajaccio 10
CC de la Pieve de l’Ornano et du Taravo Grosseto-Prugna 28
CC Celavu-Prunelli Bastelicaccia 10
CC Spelunca-Liamone Vico 33
CC du Sud Corse Porto-Vecchio 7
CC du Sartenais Valinco Taravo Propriano 18
CC de l’Alta Rocca Levie 18

En Haute-Corse

Intercommunalité Siège Communes
CA de Bastia Bastia 5
CC de Marana-Golo Lucciana 10
CC du Cap Corse Brando 18
CC Nebbiu - Conca d’Oro Oletta 15
CC de la Castagniccia-Casinca Vescovato 42
CC de la Costa Verde San-Nicolao 23
CC de l’Oriente Aléria 22
CC de Fium’Orbu Castellu Ghisonaccia 13
CC du Centre Corse Corte 10
CC Pasquale Paoli Omessa 42
CC de l’Île-Rousse - Balagne L’Île-Rousse 22
CC de Calvi Balagne Calvi 14

Les tailles sont très différentes. La communauté d’agglomération de Bastia ne compte que 5 communes, toutes proches de la ville. À l’inverse, la Castagniccia-Casinca et Pasquale Paoli regroupent chacune 42 communes, souvent de petits villages de montagne.

Le siège n’est pas toujours dans la plus grande ville du territoire. Celui de la communauté de communes Pasquale Paoli se trouve à Omessa, sur le site de Francardo. Celui de Spelunca-Liamone est rattaché à la commune de Vico, mais ses bureaux sont à Sagone, au bord de la mer.

Les compétences : ce que fait l’intercommunalité

La loi fixe une liste de compétences obligatoires. Les communes peuvent en confier d’autres, dites « facultatives ». C’est pourquoi deux intercommunalités voisines n’ont pas toujours les mêmes missions. Par exemple, d’après BANATIC, la Castagniccia-Casinca exerce 29 compétences et la communauté d’agglomération de Bastia 39.

Les déchets

La gestion des déchets ménagers est une compétence obligatoire. En Corse, elle est partagée en deux étapes. Les intercommunalités s’occupent de la collecte : bacs, points de tri, tournées de ramassage. Le traitement et la valorisation sont confiés au Syvadec, un syndicat créé en 2007 qui regroupe, selon son site, les 19 intercommunalités de l’île.

Le développement économique et le tourisme

Les intercommunalités sont chargées du développement économique, par exemple des zones d’activités. Depuis le 1er janvier 2017, la « promotion du tourisme, dont la création d’offices de tourisme » fait aussi partie de leurs compétences obligatoires. La loi prévoit des exceptions pour certaines communes classées « touristiques ».

L’eau et l’assainissement

Pour les communautés d’agglomération, l’eau et l’assainissement sont des compétences obligatoires. Pour les communautés de communes, la règle a changé avec la loi du 11 avril 2025 : le transfert n’est plus obligatoire. Les communes qui gardaient encore ces services à cette date peuvent les conserver. En revanche, ce qui avait déjà été transféré à l’intercommunalité ne peut pas revenir aux communes.

Les autres missions

Parmi les autres compétences prévues par la loi figurent l’aménagement de l’espace, la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations (appelée « GEMAPI ») et l’accueil des gens du voyage. Les intercommunalités travaillent aussi avec la Collectivité de Corse, qui exerce les compétences de la région et des anciens départements (voir notre dossier sur la Collectivité de Corse).

Les budgets des intercommunalités de Corse

L’Observatoire des finances et de la gestion publique locales (OFGL) publie les comptes de chaque intercommunalité. Les chiffres ci-dessous portent sur l’année 2024. Ils regroupent le budget principal et les budgets annexes (par exemple pour un service d’eau ou une zone d’activités). Ils correspondent aux dépenses totales, sans le remboursement des emprunts.

  • CA du Pays Ajaccien : 121,5 millions d’euros, soit environ 1 316 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).
  • CA de Bastia : 53,6 millions d’euros, soit environ 839 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).
  • CC du Sud Corse : 22,7 millions d’euros, soit environ 1 058 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).
  • CC de Marana-Golo : 20,3 millions d’euros, soit environ 808 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).
  • CC de l’Oriente : 2,9 millions d’euros, soit environ 472 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Les écarts s’expliquent en partie par les compétences exercées. Une intercommunalité qui gère l’eau, les transports ou de nombreux équipements dépense plus qu’une intercommunalité qui en gère moins. Il ne faut donc pas comparer ces montants comme on comparerait des notes.

Deux façons de percevoir l’impôt

Selon l’OFGL, en 2024, 8 intercommunalités de Corse sont en « fiscalité professionnelle unique » : les deux communautés d’agglomération et les communautés de communes du Sud Corse, de l’Île-Rousse - Balagne, de Calvi Balagne, du Sartenais Valinco Taravo, de l’Alta Rocca et de Celavu-Prunelli. Dans ce système, l’intercommunalité perçoit à la place des communes les impôts payés par les entreprises, puis en reverse une partie aux communes. Les 11 autres sont en « fiscalité additionnelle » : elles ajoutent leur propre part aux impôts locaux, à côté de celle des communes.

Pour mieux comprendre comment se lit un budget public, consultez notre rubrique Gestion.

Quelques communes-sièges

Les sièges des intercommunalités sont souvent des villes qui concentrent des services. Ajaccio accueille le siège de la communauté d’agglomération du Pays Ajaccien, qui réunit dix communes.

En Haute-Corse, Corte est le siège de la communauté de communes du Centre Corse, au cœur de l’île.

Dans le sud, Porto-Vecchio est le siège de la communauté de communes du Sud Corse, qui regroupe sept communes.

En Balagne, deux intercommunalités se partagent le territoire, l’une à Calvi, l’autre à L’Île-Rousse.

Pour retrouver l’intercommunalité de chaque commune, consultez la liste des villes et villages de Corse.

En résumé

  • Une intercommunalité regroupe des communes voisines qui lui confient certaines missions, sans que les communes disparaissent.
  • Depuis le 1er janvier 2017, la Corse compte 19 intercommunalités : 2 communautés d’agglomération (Ajaccio et Bastia) et 17 communautés de communes.
  • Elles gèrent notamment la collecte des déchets, le développement économique et la promotion du tourisme ; le traitement des déchets est confié au Syvadec.
  • Depuis la loi du 11 avril 2025, les communautés de communes ne sont plus obligées de prendre en charge l’eau et l’assainissement.
  • En 2024, selon l’OFGL, leurs dépenses vont d’environ 2,9 millions d’euros (Oriente) à 121,5 millions d’euros (Pays Ajaccien).

Sources

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