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Le village d’Omessa et son clocher, devant la montagne calcaire de la carrière de Caporalino et, au loin, les aiguilles de Popolasca
Photo : Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

Village · Haute-Corse · Talcini (nord du Cortenais)

Omessa : histoire, économie et enjeux

Omessa, village du Talcini au nord de Corte : les évêques Colonna, le castello di Supietra, Francardo et son passé industriel, sa population et son budget.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Omessa, ancien chef-lieu du Talcini

Omessa est une commune de Haute-Corse de la piève de Talcini, au nord du Cortenais, en limite du Parc naturel régional de Corse. Son territoire se trouve dans la dépression centrale de l’île, que traverse le Golo. Le village est bâti à 500 mètres d’altitude, à l’écart de la route territoriale 20, au bout de la route D 818. La commune compte deux hameaux le long de la grande route : Caporalino, dans le défilé de la Stretta alla Tinella, et Francardo, au bord du Golo, carrefour vers le Niolo par la route D 84. Corte est à 13 kilomètres.

Au Moyen Âge, la famille seigneuriale des Amondaschi tenait le castello di Supietra, au-dessus de Caporalino, qui surveillait le passage entre Bastia et Corte. Omessa fut ensuite la résidence de caporaux, ces notables ruraux apparus après la révolte de 1358, et longtemps le chef-lieu de la piève avant d’être supplanté par Corte. La famille d’Omessa, qui se réclamait des Colonna selon les chroniqueurs, a donné trois évêques ; Ambrogio Colonna d’Omessa fut évêque d’Aléria de 1412 à sa mort en 1464.

L’économie d’hier

La gare de Francardo a été mise en service en 1888. Francardo a ensuite connu plusieurs activités industrielles : une fonderie de cuivre construite entre 1906 et 1908 et fermée dès 1910, une briqueterie et une scierie hydraulique qui travaillait le bois des forêts du Niolo et qui a fermé en 1985. La carrière de calcaire de Caporalino a fourni les fours à chaux de la commune, puis a fonctionné jusqu’en 1980.

L’économie d’aujourd’hui

Selon l’INSEE, Omessa compte 595 habitants en 2023, contre 634 en 1968 et 536 en 2012. Sur 520 logements, 275 sont des résidences principales et 206 des résidences secondaires. La commune offre 123 emplois en 2023, contre 93 en 2012, et compte 41 établissements actifs en 2024.

L’ancienne briqueterie, réhabilitée et ouverte en 2006 sous le nom de Prumitei comme centre des arts du feu, a été rachetée par la collectivité territoriale après une liquidation judiciaire. Le site accueille aujourd’hui le siège de la communauté de communes, une recyclerie et une conciergerie de territoire ouvertes en 2021 par une association, ainsi que des manifestations comme le marché de Noël intercommunal et la foire de Francardo, née en 1924.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux municipales de mars 2026, deux listes se sont affrontées. « Un’altra strada cun voi, per voi », conduite par Blaise Ferrari, l’a emporté avec 272 voix (57,87 % des suffrages exprimés) et 12 sièges, contre 198 voix (42,13 %) et 3 sièges pour « Tre paesi, un avvene cumunu », conduite par Jean-François Filippi. La participation a atteint 90,02 % (478 votants sur 531 inscrits). La communauté de communes Pasquale Paoli (42 communes) a son siège sur la commune.

Gestion et finances publiques

En 2025, le budget principal enregistre 530 605 euros de recettes de fonctionnement pour 516 840 euros de dépenses, soit une épargne brute de 13 765 euros. Les dépenses d’équipement sont de 8 253 euros en 2025, contre 87 141 euros en 2024. La dette est de 20 000 euros, soit 33 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Culture et patrimoine

L’église Saint-André, ancien établissement hospitalier transformé en église au XVe siècle, abrite le tombeau des trois évêques d’Omessa. Son clocher baroque est classé monument historique depuis 1987 ; l’église entière l’est depuis 2019. Les ruines du couvent des Récollets, fondé en 1624, dominent le village. Le monte a Supietra, massif calcaire enclavé dans des terrains cristallins, fait l’objet d’un arrêté de protection de biotope et fait partie d’un site Natura 2000 ; il abrite notamment le chou insulaire.

Omessa en vidéo

Aucune émission de Média Cyrnea n’est encore consacrée à Omessa. Un sujet à nous proposer, un invité à nous suggérer ? Écrivez-nous.

Sources

Crédits photos

  • Le village d’Omessa et son clocher, devant la montagne calcaire de la carrière de Caporalino et, au loin, les aiguilles de Popolasca — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0
  • Les hautes maisons d’Omessa groupées autour du clocher baroque de l’église Saint-André, au pied de collines boisées — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0
  • La tour en ruine du castello di Supietra, sur un rocher calcaire du monte a Supietra au-dessus de Caporalino — Pierre Bona, CC BY-SA 4.0

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