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Comprendre la Corse · Politique

La Collectivité de Corse : Assemblée, exécutif et élus

La Collectivité de Corse, créée en 2018 : rôle de l’Assemblée de Corse et du Conseil exécutif, élus en place, instances consultatives, budget et élections.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

La Collectivité de Corse est l’institution qui gère, depuis le 1er janvier 2018, une grande partie des affaires publiques de l’île : routes, collèges et lycées, transports, aides sociales, développement économique, langue corse. Elle remplace à la fois l’ancienne Collectivité territoriale de Corse et les deux départements, la Haute-Corse et la Corse-du-Sud. Son fonctionnement ne ressemble à celui d’aucune autre région française : une assemblée élue vote les décisions, un gouvernement local distinct les applique. Ce dossier explique qui fait quoi, qui sont les élus en place à la date de mise à jour et comment ils sont choisis.

La création et les compétences de la Collectivité de Corse

Une collectivité unique depuis 2018

La Collectivité de Corse a été créée par l’article 30 de la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République, dite loi NOTRe. Trois ordonnances du 21 novembre 2016 ont ensuite précisé ses règles financières, institutionnelles et électorales. Elle existe depuis le 1er janvier 2018.

On l’appelle souvent « collectivité unique », car elle réunit en une seule institution trois collectivités qui existaient avant : la Collectivité territoriale de Corse et les conseils départementaux de Haute-Corse et de Corse-du-Sud. Les deux départements existent toujours comme circonscriptions de l’État, avec leurs préfectures à Ajaccio et à Bastia, mais ils n’ont plus de conseil départemental.

L’histoire de ce changement est racontée dans le dossier Départements et fusion de 2018.

La loi la définit comme une « collectivité à statut particulier », au sens de l’article 72 de la Constitution. Ce statut a une longue histoire, détaillée dans le dossier Le statut particulier de la Corse.

Ce que fait la Collectivité de Corse

La Collectivité de Corse cumule les missions d’une région et celles d’un département, avec des compétences supplémentaires propres à l’île. Selon le code général des collectivités territoriales, elle intervient notamment dans les domaines suivants :

  • éducation : construction et entretien des collèges et des lycées, carte des formations ;
  • langue et culture corses, culture, sport et éducation populaire ;
  • transports : continuité territoriale avec le continent, chemins de fer de la Corse, routes, ports et aéroports ;
  • aménagement : le plan d’aménagement et de développement durable de la Corse (PADDUC) ;
  • économie : aides aux entreprises, tourisme, agriculture, formation professionnelle ;
  • environnement : eau, déchets, énergie ;
  • solidarité : les aides sociales qui relevaient autrefois des départements (personnes âgées, handicap, enfance, insertion).

Pour une partie de ces missions, elle s’appuie sur des établissements et agences qui dépendent d’elle, comme l’Agence de développement économique de la Corse (ADEC), l’Office de l’environnement de la Corse ou l’Agence du tourisme de la Corse.

Comment fonctionne l’Assemblée de Corse

L’Assemblée de Corse est le « parlement » de la Collectivité. Elle compte 63 conseillers, élus directement par les électeurs. Elle siège à Ajaccio. Elle vote le budget, les grandes orientations et les règlements de la Collectivité. Elle peut aussi renverser le Conseil exécutif en votant une motion de défiance.

À la date de mise à jour, l’Assemblée est présidée par Marie-Antoinette Maupertuis, élue à cette fonction le 1er juillet 2021. Le site de la Collectivité la présente toujours comme présidente lors de la session d’octobre 2026.

Les conseillers sont réunis en groupes politiques. Pour la mandature 2021-2028, la Collectivité de Corse liste les groupes suivants : Fà Populu Inseme, Un Soffiu Novu, Avanzemu, Core in Fronte, Un’Altra Strada, et des non-inscrits.

Le Conseil exécutif de Corse, le « gouvernement » de l’île

Le Conseil exécutif applique les décisions de l’Assemblée et dirige l’administration de la Collectivité. Il compte un président et dix conseillers exécutifs, élus par l’Assemblée de Corse au scrutin de liste. Un conseiller élu au Conseil exécutif quitte son siège à l’Assemblée ; il y est remplacé par le candidat suivant de sa liste. C’est une différence majeure avec les autres régions, où le président du conseil régional dirige à la fois l’assemblée et l’administration.

Le changement de présidence de 2026

Gilles Simeoni présidait le Conseil exécutif depuis décembre 2015. Élu maire de Bastia en mars 2026, il a démissionné de la présidence avec effet au 21 avril 2026. Bianca Fazi a assuré l’intérim.

Le 4 mai 2026, l’Assemblée de Corse a élu un nouveau Conseil exécutif, selon Corse Net Infos. La liste de Gilles Giovannangeli (Fà Populu Inseme), président de l’ADEC, a obtenu 34 voix sur 49 suffrages exprimés. Jean-Martin Mondoloni (Un Soffiu Novu) a obtenu 15 voix. Le groupe Core in Fronte n’a pas présenté de candidat et a voté blanc.

La composition du Conseil exécutif au 4 mai 2026

Selon la liste publiée par Corse Net Infos le 4 mai 2026, le Conseil exécutif est composé de :

  • Gilles Giovannangeli, président ;
  • Jean-Félix Acquaviva, Guy Armanet, Angèle Bastiani, Vannina Chiarelli-Luzi, Bianca Fazi, Lauda Guidicelli-Sbraggia, Dominique Livrelli, Julien Paolini, Anne-Laure Santucci et Gilles Simeoni, conseillers exécutifs.

Selon l’AFP, citée par la presse, Gilles Simeoni a indiqué qu’il resterait membre du Conseil exécutif, chargé de la question de l’autonomie. Les délégations de chaque conseiller exécutif peuvent évoluer : elles sont publiées par la Collectivité de Corse.

Les instances consultatives : jeunesse, territoires et société civile

À côté de l’Assemblée et du Conseil exécutif, trois instances donnent des avis. Elles ne votent pas les décisions, mais elles sont consultées.

L’Assemblea di a Giuventù

L’Assemblea di a Giuventù est l’assemblée des jeunes de Corse. Elle a été créée par une délibération de l’Assemblée de Corse adoptée à l’unanimité le 28 juillet 2016. Sa première mandature a commencé en 2017. Elle réunit des jeunes âgés de 16 à 29 ans, qui se portent candidats, pour un mandat de deux ans. Elle donne son avis et fait des propositions sur les sujets qui concernent la jeunesse.

La Chambre des territoires

La Chambre des territoires fait le lien entre la Collectivité de Corse et les communes et intercommunalités. Elle siège à Bastia et elle est présidée par le président du Conseil exécutif. Selon la Collectivité de Corse, elle comprend notamment la présidente de l’Assemblée de Corse, un représentant du Comité de massif, six représentants des communautés d’agglomération et trente-quatre représentants des communautés de communes. Les intercommunalités de l’île sont présentées dans le dossier Les intercommunalités en Corse.

Le CESEC

Le Conseil économique, social, environnemental et culturel de Corse (CESEC) représente la société civile organisée : entreprises, syndicats, associations, monde culturel. Il rend des avis sur les projets de la Collectivité, notamment sur le budget, et contribue à l’évaluation des politiques publiques.

Le budget de la Collectivité de Corse en un chiffre

Le budget primitif 2026 de la Collectivité de Corse s’équilibre à 2,033 milliards d’euros, dont 1,525 milliard de dépenses réelles, selon le rapport budgétaire de la Collectivité (n° 2025/E5/370) ; le chiffre de 1,428 milliard souvent cité correspond à la seule section de fonctionnement. L’Assemblée de Corse l’a adopté en décembre 2025 ; selon Corse Net Infos (19 décembre 2025), tous les groupes d’opposition ont voté contre. Pour comprendre d’où vient cet argent et comment il est dépensé, voir le dossier le budget de la Collectivité de Corse.

Les élections territoriales en Corse

Les 63 conseillers à l’Assemblée de Corse sont élus pour six ans au scrutin de liste à deux tours, sur une circonscription unique (toute la Corse). En 2021, une liste devait obtenir au moins 7 % des suffrages exprimés au premier tour pour se maintenir au second. La liste arrivée en tête reçoit une prime de 11 sièges ; les autres sièges sont répartis à la proportionnelle.

Les résultats de 2021

Les dernières élections ont eu lieu les 20 et 27 juin 2021. Au second tour, la participation a été de 58,91 %. Selon les résultats du ministère de l’Intérieur :

Liste (tête de liste) Voix et % Sièges
Fà Populu Inseme (Gilles Simeoni) 55 548 (40,64 %) 32
Un Soffiu Novu (Laurent Marcangeli) 43 766 (32,02 %) 17
Avanzemu (Jean-Christophe Angelini) 20 604 (15,07 %) 8
Core in Fronte (Paul-Félix Benedetti) 16 762 (12,26 %) 6

La liste de Gilles Simeoni a ainsi obtenu la majorité absolue des sièges. Le mandat des conseillers élus en 2021 a été prolongé : les prochaines élections territoriales sont prévues en 2028. Le fonctionnement de tous les scrutins dans l’île est détaillé dans le dossier Les élections en Corse.

Un débat en cours sur l’autonomie

L’organisation de la Collectivité pourrait évoluer. Un projet de révision de la Constitution sur l’autonomie de la Corse est en discussion au Parlement à la date de mise à jour. Pour ses partisans, il donnerait à la Corse les moyens d’adapter les règles à ses réalités ; pour ses opposants, il mettrait en cause l’unité de la République. Les étapes et les positions de chacun sont présentées dans le dossier L’autonomie de la Corse.

En résumé

  • La Collectivité de Corse existe depuis le 1er janvier 2018 ; elle remplace la Collectivité territoriale de Corse et les deux départements.
  • L’Assemblée de Corse (63 élus) vote les décisions ; elle est présidée par Marie-Antoinette Maupertuis à la date de mise à jour.
  • Le Conseil exécutif (un président et dix conseillers) les applique ; Gilles Giovannangeli le préside depuis le 4 mai 2026.
  • Trois instances donnent des avis : l’Assemblea di a Giuventù, la Chambre des territoires et le CESEC.
  • Le budget primitif 2026 s’élève à 2,033 milliards d’euros, dont 1,525 milliard de dépenses réelles.
  • Les dernières élections territoriales datent de juin 2021 ; les prochaines sont prévues en 2028.

Sources

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