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Le village de Conca dispersé dans une vallée boisée, vu depuis le GR20, avec la mer à l’horizon
Photo : Florent Villard (Warly), CC BY-SA 2.5

Village · Corse-du-Sud · Ancienne piève de Conca

Conca : histoire, économie et enjeux

Conca, village de collines entre Bavella et la mer, au terminus sud du GR20 : son histoire pastorale, son économie touristique, ses finances et ses enjeux.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Conca, au bout du GR20

Conca est une commune de Corse-du-Sud située à une vingtaine de kilomètres au nord de Porto-Vecchio. Elle était le chef-lieu de l’ancienne piève de Conca, qui s’étendait au nord jusqu’à Sari-Solenzara. Le village n’est pas bâti dans la plaine orientale mais dans les collines, à environ 5 kilomètres de Sainte-Lucie, le hameau côtier de Zonza.

Le territoire descend des contreforts du massif de Bavella jusqu’à la mer Tyrrhénienne. Conca est donc une commune littorale, soumise à la loi Littoral. Le site de la mairie cite plusieurs lieux de la commune : Favona, Tarcu, Figa et I Pireddi. Les forêts et milieux naturels couvrent près de 96 % du territoire. La commune appartient au Parc naturel régional de Corse.

Conca est connue des randonneurs : c’est l’extrémité sud du GR20, le sentier qui traverse la Corse depuis Calenzana. Après le col de Bavella, le GR20 descend vers Conca par la Foce Finosa et le refuge d’i Paliri.

Un village de bergers

Selon l’Agence du tourisme de la Corse, Conca est né de la vie pastorale. C’était d’abord un refuge d’hiver pour les bergers. Chaque été, ils montaient leurs troupeaux vers les plateaux de Casale, de Paliri, de Cappeddu et de Bavella. Le hameau de Bavella est aujourd’hui encore une propriété de la commune de Conca, selon la même source.

Le village comptait 427 habitants en 1818. Les familles se sont installées peu à peu. En 1926, on dénombrait 127 maisons, dont cinq seulement sur la côte.

Pendant la libération de la Corse, en septembre 1943, des combats ont eu lieu sur la commune. Le 22 septembre 1943, l’aspirant Jean-Pierre Michelin, du Bataillon de choc venu d’Alger, a été tué à Conca, ainsi que l’un de ses guides, Jean-Baptiste Leccia, selon le Musée de la Résistance en ligne. Issu de la famille Michelin, il est présenté par Wikipédia comme le premier officier tombé au combat pour la libération de la France.

L’économie d’hier

L’élevage transhumant a longtemps été l’activité principale. Les troupeaux passaient l’hiver près du village et l’été en montagne. La côte, presque vide d’habitations jusqu’au milieu du XXe siècle, ne s’est développée qu’à partir de la seconde moitié du siècle.

L’économie d’aujourd’hui

Le tourisme occupe aujourd’hui une large place. Sur 1 737 logements recensés par l’INSEE en 2023, seulement 589 sont des résidences principales (33,9 %). Les résidences secondaires et logements occasionnels en représentent 65,1 %.

Au 1er janvier 2026, la commune compte deux hôtels (dont un trois étoiles de 66 chambres) et deux campings totalisant 212 emplacements. Fin 2024, elle comptait 56 établissements employeurs, dont 71,4 % dans le commerce, les transports et les services. Le village dispose de commerces d’alimentation, d’une école, d’une bibliothèque et d’un bureau de poste. Les randonneurs du GR20 l’animent pendant la saison.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux élections municipales du 15 mars 2026, deux listes se présentaient pour 15 sièges. La liste « Conca – Pa una leia communa », conduite par François Bartoli, a obtenu 52,47 % des voix et 12 sièges. La liste « Insembu par Conca », conduite par Guy Profizi, a obtenu 47,53 % et 3 sièges. La participation a atteint 90,48 %, selon les résultats provisoires du ministère de l’Intérieur.

Conca fait partie de la communauté de communes de l’Alta Rocca, où elle dispose de 4 sièges.

Économie et emploi

La population progresse lentement : 1 097 habitants en 2012, 1 100 en 2017, 1 175 en 2023. Elle est âgée : environ 29 % des habitants ont 65 ans ou plus, et 14 % moins de 15 ans. Le chômage au sens du recensement touche 9,5 % des actifs de 15 à 64 ans.

Gestion et finances publiques

En 2025, selon l’OFGL, le budget principal a perçu 1,96 million d’euros de recettes de fonctionnement. Les impôts et taxes en fournissent 1,36 million, et la dotation globale de fonctionnement de l’État 0,54 million. Les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 1,37 million d’euros, dont 1,03 million pour le personnel.

L’épargne brute, ce qui reste pour investir ou rembourser, atteint 0,59 million d’euros, contre 0,39 million en 2024. Les dépenses d’équipement ont nettement augmenté : 0,59 million d’euros en 2025, contre 0,07 million en 2024. La dette s’élève à 1,53 million d’euros fin 2025, soit 1 291 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Culture et patrimoine

L’église Saint-Étienne, au village, est inscrite à l’Inventaire général du patrimoine culturel. Sur le littoral, l’Agence du tourisme de la Corse signale les plages de Favona et de Tarcu, aux eaux turquoise.

Maria de Peretti, médecin née à Conca en 1902, est une figure de la Résistance corse. Membre du réseau Marco Polo, lié à la France libre, elle a été arrêtée, torturée puis déportée en août 1944. Elle est morte à Ravensbrück le 15 mars 1945. Le général de Gaulle l’a citée à l’ordre du corps d’armée en mai 1945, avec la croix de guerre.

Conca en vidéo

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Sources

Crédits photos

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