Comprendre la Corse · Économie
Emploi et chômage en Corse : chiffres et dispositifs
Emploi et chômage en Corse : taux de chômage comparé à la France, emploi public, tourisme et BTP, saisonniers, jeunes, créations d’entreprises et aides.
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Combien de personnes travaillent en Corse, dans quels métiers, et combien cherchent un emploi ? Ce dossier rassemble les derniers chiffres officiels de l’Insee, de France Travail et des services de l’État. Il explique aussi les traits propres à l’île : le poids des emplois publics, du tourisme et du bâtiment, la saison d’été, et le grand nombre de travailleurs indépendants. Il présente enfin les principaux dispositifs d’aide à l’emploi et aux entreprises.
La population active en Corse
Selon le recensement de 2023, la Corse compte 212 896 habitants âgés de 15 à 64 ans. Parmi eux, 156 328 sont « actifs », c’est-à-dire qu’ils ont un emploi ou en cherchent un : le taux d’activité est de 73,4 %. 142 038 personnes de cet âge ont un emploi, soit un taux d’emploi de 66,7 %.
La même année, l’île compte 144 742 emplois sur son territoire. Fin juin 2026, l’Insee estime l’emploi salarié à 129 300 postes, un chiffre stable sur le trimestre (+0,1 %), alors qu’il baisse légèrement en France (–0,1 %).
Le taux de chômage en Corse comparé à la France
Le taux de chômage officiel est calculé selon la définition du Bureau international du travail (BIT) : une personne est au chômage si elle n’a pas travaillé du tout, cherche un emploi et peut commencer rapidement.
Au 2e trimestre 2026, selon l’Insee, le taux de chômage est de 6,9 % en Corse, contre 8,3 % en France. Il a augmenté de 0,1 point en un trimestre et d’un demi-point en un an. Sur l’ensemble de l’année 2024, il était de 6,5 % en Corse, contre 7,4 % en France. Le recensement donne un chiffre plus élevé (9,1 % en 2023), car il repose sur la déclaration des habitants et non sur la définition du BIT : les deux mesures ne se comparent pas.
Les inscrits à France Travail
Au 2e trimestre 2026, selon la DREETS de Corse (services régionaux de l’État pour l’emploi), 14 210 personnes sans aucun emploi sont inscrites à France Travail en catégorie A. En ajoutant celles qui travaillent un peu (catégories B et C), on compte 21 800 inscrits, en hausse de 3,5 % sur le trimestre. Un tiers d’entre eux (32,8 %) sont inscrits depuis un an ou plus.
La DREETS appelle à la prudence : depuis 2025, de nouveaux publics sont inscrits automatiquement, notamment les bénéficiaires du RSA et des jeunes accompagnés. Sans ces nouveaux inscrits, la catégorie A baisse de 0,9 % sur le trimestre et de 2,2 % sur un an.
L’emploi par secteur : public, tourisme et BTP
L’économie corse repose surtout sur les services. Selon l’Insee, en 2023, la répartition des emplois est la suivante (France entre parenthèses) :
- tertiaire marchand (commerce, transports, hôtellerie, services) : 43,9 % (50,1 %) ;
- tertiaire non marchand (administrations, enseignement, santé, action sociale) : 35,3 % (30,0 %) ;
- construction : 11,1 % (6,5 %) ;
- industrie : 6,0 % (11,4 %) ;
- agriculture : 3,7 % (2,0 %).
Le tertiaire non marchand, qui regroupe l’essentiel des emplois publics, pèse donc plus lourd qu’ailleurs. Le bâtiment et les travaux publics représentent près d’un emploi sur neuf : voir notre dossier le BTP en Corse. Au 2e trimestre 2026, les heures payées dans la construction reculent de 2,7 % sur un an, selon l’Insee.
Le tourisme compte aussi beaucoup. En 2018, selon l’Insee, environ 14 500 emplois en moyenne sur l’année étaient liés à la présence de touristes, soit 12 % de l’emploi total, trois fois plus qu’en France métropolitaine (4 %). En août, ce nombre montait à environ 26 700 postes. L’hébergement et la restauration en concentrent sept sur dix. Le secteur est détaillé dans le dossier le tourisme en Corse.
Saisonnalité et emploi des jeunes
Selon l’Insee, en 2019, 27 700 emplois salariés du privé (hors agriculture) étaient saisonniers, soit 19 % de l’emploi salarié de l’année. C’est six fois plus que la moyenne nationale (3 %) et le taux le plus élevé des régions françaises. S’y ajoutent environ 3 900 emplois saisonniers agricoles.
La restauration, l’hébergement et le commerce de détail représentent environ 80 % de ces emplois. La part des saisonniers varie selon les zones d’emploi définies par l’Insee : 44 % dans celle de Calvi, 38 % dans celle de Porto-Vecchio, mais 12 % dans celle de Bastia et 13 % dans celle d’Ajaccio.
Ces contrats sont souvent courts : six sur dix durent quatre mois ou moins. En 2019, le salaire horaire net moyen d’un saisonnier était de 10,5 €, contre 13 € pour les autres salariés du privé. Un saisonnier sur quatre environ (27 %) ne vit pas en Corse. Les liens entre emploi saisonnier, bas revenus et pauvreté sont présentés dans notre dossier prix et coût de la vie.
L’emploi des jeunes
La moitié des saisonniers ont moins de 30 ans, contre un salarié sur cinq parmi les autres, selon l’Insee (2019). Le travail d’été est donc souvent une porte d’entrée dans l’emploi pour les jeunes de l’île.
Selon le recensement de 2023, 20,2 % des jeunes actifs de 15 à 24 ans se déclarent au chômage, contre 28,4 % en 2017. Au 2e trimestre 2026, le nombre d’inscrits de moins de 25 ans à France Travail a augmenté de 5,6 % en un trimestre, la plus forte hausse parmi les âges. La DREETS ne précise pas la part des inscriptions automatiques dans cette hausse : sa mise en garde porte sur l’ensemble des inscrits.
Création d’entreprises et travail non salarié
En 2025, 6 560 entreprises ont été créées en Corse, selon l’Observatoire de la création d’entreprise de Bpifrance (données Insee). C’est 0,6 % de plus qu’en 2024, contre +5 % en France. Rapportée à la population, la création reste plus forte que dans le reste du pays : 182 créations pour 10 000 habitants, contre 168 en France. Parmi ces créations, 4 263 sont des micro-entreprises, soit 65 % selon notre calcul (4 263 divisé par 6 560). L’activité la plus fréquente est le nettoyage de bâtiments (542 créations).
Le travail indépendant est très répandu. Selon le recensement de 2023, 29 437 emplois sur 144 742 sont occupés par des non-salariés (artisans, commerçants, professions libérales, agriculteurs, gérants), soit 20,3 %. Une étude de l’Insee sur la fin de l’année 2019 classait la Corse au 2e rang des régions pour la présence des non-salariés, derrière Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les micro-entrepreneurs y représentaient 45 % des non-salariés (hors agriculture), avec un revenu moyen de 550 € par mois.
Les dispositifs : France Travail et l’ADEC
France Travail a remplacé Pôle emploi le 1er janvier 2024, en application de la loi pour le plein emploi du 18 décembre 2023. Il inscrit les demandeurs d’emploi et les accompagne vers un emploi ou une formation. Depuis le 1er janvier 2025, les allocataires du RSA et les jeunes suivis par les missions locales (contrat d’engagement jeune) y sont inscrits automatiquement : c’est ce qui explique en partie la hausse récente des inscrits.
L’ADEC, Agence de développement économique de la Corse, est l’outil de la Collectivité de Corse pour l’économie. Basée à Ajaccio, elle accompagne les projets d’entreprise (créer, développer, innover, exporter) et les filières, et gère l’observatoire économique Corsica Statistica. Selon son site, elle a reçu 1 101 demandes de soutien en 2025, validé 298 dossiers et accordé 10,2 millions d’euros d’aides.
Une convention d’action économique territoriale 2023-2026 lie la Collectivité de Corse, l’ADEC et les intercommunalités, notamment pour les aides à l’immobilier d’entreprise. Le rôle de ces communautés de communes est expliqué dans le dossier les intercommunalités de Corse.
En résumé
- Au 2e trimestre 2026, le taux de chômage est de 6,9 % en Corse, contre 8,3 % en France.
- 21 800 personnes sont inscrites à France Travail (catégories A, B, C), un chiffre gonflé en partie par les inscriptions automatiques.
- En 2023, 35,3 % des emplois relèvent du tertiaire non marchand et 11,1 % de la construction, davantage qu’en France.
- En 2019, un emploi salarié privé sur cinq était saisonnier, six fois plus que la moyenne nationale.
- En 2025, 6 560 entreprises ont été créées, dont 65 % de micro-entreprises selon notre calcul.
- France Travail et l’ADEC, agence de la Collectivité de Corse, sont les principaux relais d’aide à l’emploi et aux entreprises.
Sources
- Insee Conjoncture Corse n° 61 – Note de conjoncture du 2e trimestre 2026 (24 septembre 2026)
- Insee Informations rapides n° 192 – Au 2e trimestre 2026, le taux de chômage atteint 8,3 % (7 août 2026)
- Insee – L’essentiel sur… la Corse (février 2026)
- Insee – Dossier complet Région de Corse, recensement 2023
- Insee Analyses Corse n° 38 – En Corse, un emploi sur cinq est saisonnier (28 avril 2022)
- Insee Analyses Corse n° 40 – Emplois liés à la présence de touristes en Corse (12 mai 2022)
- Insee Analyses Corse n° 47 – Le non-salariat, une forme d’emploi très présente en Corse (14 février 2023)
- DREETS Corse – Demandeurs d’emploi inscrits à France Travail au 2e trimestre 2026 (28 juillet 2026)
- Corse Net Infos – Les chiffres du chômage repartent à la hausse en Corse au deuxième trimestre (28 juillet 2026)
- Banque des territoires – Loi « pour le plein emploi » : ce qui change depuis le 1er janvier (2025)
- Bpifrance Création, Observatoire de la création d’entreprise – Corse, fiche statistique 2025
- ADEC – Agence de développement économique de la Corse, site officiel (consulté le 12 octobre 2026)
- Assemblée de Corse – Convention d’action économique territoriale 2023-2026 (annexe du rapport 2023/O1/061)
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