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Le village de Ventiseri étagé sur une colline verdoyante, vu depuis la route départementale 45 en venant de Travo
Photo : Bonachera jf, CC BY-SA 4.0

Village · Haute-Corse · Fiumorbo

Ventiseri : histoire, économie et enjeux

Ventiseri, du village perché au-dessus du Travo à la plaine littorale : château de Coasina, base aérienne 126, étang de Palo, économie et finances communales.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Ventiseri, de la piève de Coasina à la plaine

Ventiseri (Vintìsari en corse) est une commune littorale de la côte orientale, au sud de la Plaine orientale. Elle était le chef-lieu de l’ancienne piève de Coasina, dans le Fiumorbo. Son territoire descend sur une dizaine de kilomètres, d’ouest en est, depuis la Punta di u Quarciu Grossu (1 045 mètres) jusqu’à la mer. Il est bordé au sud par le fleuve Travo, qui le sépare de Solaro.

Le vieux village et ses hameaux voisins, Contra, Suppranacia et Vignarella, sont bâtis à plus de 400 mètres d’altitude. L’église paroissiale et le cimetière s’y trouvent. Plus bas, Piediquarciu possède la chapelle Sainte-Élisabeth-de-Hongrie. Dans la plaine, le long de la route territoriale 10, qui relie Bastia à Bonifacio, s’égrènent Mignataja, Vix et surtout Travo, devenu le principal lieu habité : la mairie, les écoles et la gendarmerie y sont installées.

Au Moyen Âge, la piève est dominée par le château de Coasina, aujourd’hui en ruine. Il était la demeure des seigneurs de Covasina, l’une des grandes familles de l’île au XIVe siècle. Vers 1520, l’évêque Agostino Giustiniani décrit une piève peuplée de quelque trois cents feux, mais menacée par les razzias venues de la mer. Pour s’en protéger, et pour fuir la malaria, les habitants vivent sur les hauteurs. Au XVIIIe siècle, Coasina est réunie à la piève de Cursa pour former le Fiumorbo, qui devient en 1790 le canton de Prunelli.

Au XXe siècle, la commune se transforme. Une ligne de chemin de fer relie Bastia à Porto-Vecchio de 1935 à 1943 ; la gare de Cavone, sur la commune, est aujourd’hui une habitation.

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le hameau de Chisa se détache de Ventiseri pour devenir une commune (en décembre 1946 selon une source, en 1947 selon une autre). La population passe de 1 314 habitants en 1968 à 2 629 en 2023, selon l’INSEE.

L’économie d’hier

Pendant des siècles, les habitants vivent de l’agriculture et de l’élevage sur les collines. Le littoral, désert, n’est repeuplé que progressivement après le retour de la paix, à l’époque génoise. En 1915, une usine de distillation de résineux, qui fabriquait de l’acétate de calcium et de l’acétate de sodium, ouvre près du pont du Travo. Faute de main-d’œuvre et de capitaux, elle suspend son activité dans le deuxième quart du XXe siècle. Le bâtiment désaffecté figure à l’inventaire général du patrimoine culturel.

L’économie d’aujourd’hui

L’installation de la base aérienne 126 a changé la commune. Un premier terrain, « Solenzara Airfield », est construit en 1944 par l’aviation américaine. Le chantier de la base actuelle commence en 1956, dans le cadre de l’OTAN ; les premiers avions s’y posent le 30 mai 1960. En 1973, elle reçoit le nom du capitaine Préziosi, pilote du groupe Normandie-Niemen originaire de Vezzani. Malgré son nom, elle est située à Travo, sur la commune de Ventiseri, et non à Solenzara. Elle a servi lors des opérations en Bosnie (1993), au Kosovo (1999) et en Libye (2011). Des lotissements, comme la cité de l’Air, logent une partie de ses personnels.

Selon l’INSEE, la commune compte 1 068 emplois en 2023. L’administration publique, l’enseignement, la santé et l’action sociale, un secteur qui comprend la défense, représentent 71,2 % des emplois. Viennent ensuite le commerce, les transports et les services (19 %), la construction (6,3 %), l’industrie (1,8 %) et l’agriculture (1,7 %). Le taux de chômage des 15-64 ans est de 6,8 %, contre 13,3 % en 2017. Les résidences secondaires représentent 25,5 % des logements.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux élections municipales de mars 2026, une seule liste se présentait : « Inseme per Vintisari – Ventiseri ensemble », conduite par François Tiberi. Elle a obtenu les 23 sièges du conseil municipal et les 7 sièges au conseil communautaire. La participation a atteint 53,03 %. En 2013, la préfecture a rattaché la commune à la communauté de communes de Fium’Orbu Castellu, alors que Ventiseri avait souhaité rejoindre celle de la Côte des Nacres.

Économie et emploi

L’emploi local dépend très largement de la base aérienne et des services publics. La commune est aussi soumise à la loi Littoral, qui encadre la construction près du rivage.

Gestion et finances publiques

Selon l’OFGL, le budget principal a perçu 2,20 millions d’euros de recettes de fonctionnement en 2025, pour 1,53 million d’euros de dépenses. L’épargne brute atteint 678 000 euros. La commune a consacré 1,67 million d’euros à ses équipements, soit 633 euros par habitant (population retenue par l’OFGL). Sa dette est passée de 2,67 millions d’euros fin 2024 à 1,58 million fin 2025, soit 601 euros par habitant (population retenue par l’OFGL) ; son remboursement a coûté 1,15 million d’euros en 2025.

Culture et patrimoine

L’église paroissiale Saint-Jean-Évangéliste, avec sa tour-clocher à trois niveaux, se dresse au centre du village. La chapelle Sainte-Marguerite, près du cimetière, a été décorée en 2008 par le peintre Chisà. Au nord, les ruines du château de Coasina dominent la plaine. Côté mer, l’étang de Palo, partagé avec Serra-di-Fiumorbo, est le quatrième étang de Corse par la taille. Propriété du Conservatoire du littoral, il est classé site Ramsar et site Natura 2000. Le poète Jacques Simonpoli (1890-1969), né à Ventiseri, a raconté en corse la révolte du Fiumorbo dans Fiumorbu in guerra 1815-1816.

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Sources

Crédits photos

  • Le village de Ventiseri étagé sur une colline verdoyante, vu depuis la route départementale 45 en venant de Travo — Bonachera jf, CC BY-SA 4.0
  • Les murs en ruine du château de Coasina (Covasina), percés d’ouvertures, au milieu de la végétation — Bonachera jf, CC BY-SA 4.0
  • La plaine littorale de Ventiseri avec l’étang de Palo et la base aérienne au bord de la mer, vus depuis les hauteurs de Solaro — Bonachera jf, CC BY-SA 4.0

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