Aller au contenu
Panorama de Nonza : maisons de pierre accrochées à la pente, tour carrée au sommet, clocher, mer à gauche et montagnes du cap Corse au fond
Photo : Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

Village · Haute-Corse · Cap Corse

Nonza : histoire, économie et enjeux

Nonza, village perché du cap Corse : la tour au sommet de la falaise, le souvenir de sainte Julie et une plage noire née des déchets d’une mine d’amiante.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Un nid d’aigle sur la côte ouest du cap Corse

Nonza se dresse sur la côte occidentale du cap Corse, face au golfe de Saint-Florent. Le village est perché sur une falaise de plus de 100 mètres qui tombe à pic dans la mer. C’est l’un des plus anciens villages du Cap : selon l’Agence du tourisme de la Corse, des peintures rupestres du début du IIe millénaire avant notre ère ont été trouvées tout près, dans la Grotta Scritta, que la base Mérimée situe sur la commune voisine d’Olmeta-di-Capocorso.

Le nom de Nonza est lié à sainte Julie (Santa Ghjulia). Deux récits existent. Selon la tradition corse, Julie, née à Nonza, est martyrisée au début du IVe siècle pour avoir refusé de sacrifier aux dieux romains. Selon une autre version, c’est une jeune chrétienne de Carthage, vendue comme esclave au Ve siècle et tuée lors d’une escale près de Nonza. Dans les deux cas, le village devient le premier lieu de culte et de pèlerinage en son honneur. Sainte Julie est l’une des trois patronnes principales de la Corse, avec sainte Dévote et sainte Restitude.

Les premiers statuts connus du village datent de 1109. Au Moyen Âge, les seigneurs Avogari bâtissent un château au sommet de la falaise ; il est détruit par les Génois en 1489. Selon l’Agence du tourisme de la Corse, Pascal Paoli fait construire à cet endroit, en 1760, une tour de guet pour surveiller le golfe. Pour en savoir plus sur ce personnage, voir la page consacrée à Pascal Paoli.

Le village s’est beaucoup dépeuplé. Il comptait 137 habitants en 1968 ; l’INSEE en recense 62 en 2023.

L’économie d’hier

Nonza a longtemps vécu de la mer. Jusqu’au XVIIIe siècle, sa marine, au pied de la falaise, est l’un des comptoirs commerciaux les plus importants du Cap (Agence du tourisme de la Corse). On en voit encore les ruines. Les habitants cultivaient aussi la vigne, l’olivier et des terrasses, comme partout dans le cap Corse.

Au XXe siècle, une activité industrielle voisine change le paysage. Entre 1948 et 1965, les déchets de la mine d’amiante de Canari, la commune voisine, sont rejetés à la mer. Les vagues les transportent et forment les plages de galets gris-noir d’Albu et de Nonza (Corse Net Infos, d’après un rapport du BRGM de 1968).

L’économie d’aujourd’hui

L’économie repose aujourd’hui surtout sur le passage des visiteurs. Fin 2024, l’INSEE compte 18 établissements actifs hors agriculture, dont 11 dans le commerce, les transports, l’hébergement et la restauration. La commune offre 35 emplois en 2023.

Le village est devenu un lieu de séjour : sur 137 logements, 97 sont des résidences secondaires ou occasionnelles, soit près de 71 %.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux municipales du 15 mars 2026, une seule liste se présente pour 7 sièges : « Nonza in core », conduite par Jean-Marie Dominici. Elle obtient 77 voix et les 7 sièges. La participation est de 65,87 % (ministère de l’Intérieur).

Économie et emploi

Depuis 2024, un projet inquiète la commune. Une société minière canadienne, Aurania, envisage d’extraire le nickel contenu dans les galets et les sables des plages d’Albu et de Nonza. L’association U Levante craint la remise en suspension de fibres d’amiante. En mars 2025, le maire de Nonza s’est déclaré fermement opposé au projet. À cette date, selon Corse Net Infos, aucune demande d’autorisation n’avait été déposée.

Gestion et finances publiques

Le budget de Nonza est très petit. D’après l’OFGL, le budget principal 2025 compte environ 202 000 euros de recettes de fonctionnement pour 199 000 euros de dépenses. L’épargne brute est presque nulle (2 257 euros). La commune a emprunté 190 000 euros en 2025 : sa dette atteint 374 000 euros, soit plus que ses recettes annuelles de fonctionnement. Les dépenses d’équipement s’élèvent à 65 000 euros en 2025, après 179 000 euros en 2024.

Nonza fait partie de la communauté de communes du Cap Corse, créée au 1er janvier 2014. Elle regroupe 18 communes et son siège est à Brando (BANATIC).

Culture et patrimoine

La tour de Nonza est inscrite aux monuments historiques depuis le 5 juillet 1926. Elle appartient à la Collectivité de Corse depuis 2004. La base Mérimée la date des XVe et XVIe siècles, alors que la tradition locale en attribue la construction à Paoli en 1760.

L’église Sainte-Julie, construite au XVIIe siècle et remaniée ensuite, est inscrite aux monuments historiques depuis 1984. En contrebas du village, un escalier de 54 marches mène à la fontaine Sainte-Julie, dont l’eau est réputée miraculeuse. Chaque 22 mai, Nonza fête sa sainte. En 2025, une nouvelle confrérie, « A cunfraternita Santa Ghjulia di Corsica », y a été installée : la première de la côte ouest du Cap, selon Corse Net Infos.

Le saviez-vous ?

  • Selon le maire, cette plage s’est stabilisée depuis la fermeture de la mine de Canari, en 1965.

Nonza en vidéo

Aucune émission de Média Cyrnea n’est encore consacrée à Nonza. Un sujet à nous proposer, un invité à nous suggérer ? Écrivez-nous.

Sources

Crédits photos

  • Panorama de Nonza : maisons de pierre accrochées à la pente, tour carrée au sommet, clocher, mer à gauche et montagnes du cap Corse au fond — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0
  • La longue plage grise de Nonza vue d’en haut, entre la mer calme et les pentes couvertes de maquis du cap Corse — Jerem0808, CC0
  • Le village de Nonza vu d’en haut : toits de lauzes, église à la façade rose et maisons colorées au pied d’une montagne boisée — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

Une erreur, une précision, un souvenir à partager sur Nonza ? Écrivez-nous : nous corrigeons et indiquons la date de mise à jour.

← Toutes les villes et villages de Corse

Retour en haut de la page