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L'église du centre d'Afa, façade rose et blanche à arcades, au-dessus d'un muret de pierre, sous un ciel bleu
Photo : Clemensfranz, CC BY-SA 3.0

Ville · Corse-du-Sud · Mezzana

Afa : histoire, économie et enjeux

Afa, dans la basse vallée de la Gravona : commune née en 1850-1852 d’enclaves de bergers de Bocognano, devenue banlieue d’Ajaccio, sans dette au budget.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Afa, une commune née des bergers de Bocognano

Afa (Affà en corse) est une commune de la Corse-du-Sud, à une douzaine de kilomètres à l’est d’Ajaccio, dans la basse vallée de la Gravona. Son territoire, d’environ 12 km², s’étend au pied du rocher des Gozzi (708 m), qu’il partage avec Appietto. Outre le village-centre, organisé autour du quartier d’Ogliastrone, la commune compte plusieurs hameaux, dont Piscia Rossa, Pastriccialone et la partie nord de la zone d’activités de Baleone. Ses habitants sont les Affaghjinchi.

Au XVIe siècle, ce territoire fait partie de la piève de la Mezzana. Il est fréquenté par les bergers de Bocognano au rythme de la transhumance des brebis : c’est pourquoi les anciennes familles d’Afa sont souvent originaires de Bocognano. Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les terres d’Afa sont des enclaves appartenant à Bocognano et à Valle-di-Mezzana, loin du chef-lieu de ces communes.

En juillet 1850, un rapport présenté à l’Assemblée nationale propose de faire de ces enclaves une commune distincte, sous le nom d’« Affa ». Le territoire compte alors environ 350 habitants, répartis en trois groupes de maisons. Les sources donnent des dates différentes pour la création effective (1851 ou 1852). Le premier maire, Carlu Calvelli, est élu en 1852 et reste en fonction jusqu’à sa mort, en 1858. La commune est rattachée au canton de Sarrola-Carcopino.

Avec l’extension de l’agglomération ajaccienne, Afa est devenue une commune de banlieue : elle compte 2 888 habitants en 2012, 3 133 en 2017 et 3 350 en 2023 (INSEE).

L’économie d’hier

Pendant longtemps, Afa vit de l’élevage de brebis transhumant, lié aux bergers de Bocognano. La commune garde la trace de cette vie rurale avec ses fontaines (Occhiu, Pozzu, Biancamaria) et ses anciens moulins.

En 1983, les frères Fenech fondent la biscuiterie d’Afa dans le garage de la maison familiale, à partir d’une recette de leur mère. L’entreprise, spécialisée dans les canistrelli, s’installe en 1998 dans de nouveaux locaux à Appietto, mais garde le nom du village.

L’économie d’aujourd’hui

Afa est aujourd’hui une commune résidentielle et d’activités de la banlieue d’Ajaccio : l’INSEE la classe dans l’unité urbaine d’Ajaccio. En 2023, elle compte 857 emplois. Fin 2024, l’INSEE recense 178 établissements actifs, dont 112 dans le commerce, les transports et les services, et 42 dans la construction. Une partie de la zone d’activités de Baleone se trouve sur la commune.

Le taux de chômage des 15-64 ans est de 7,1 % en 2023. Les résidences secondaires ne représentent que 8,3 % des logements. Le niveau de vie médian atteint 29 920 euros par an.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux élections municipales du 15 mars 2026, une seule liste était en présence (résultats provisoires du ministère de l’Intérieur). La liste « Campà in Afa », conduite par Paul-Dominique Miniconi, a obtenu les 23 sièges du conseil municipal avec 1 519 voix. La participation a été de 58,96 %. Afa fait partie de la communauté d’agglomération du Pays Ajaccien, où elle dispose de 4 sièges.

Économie et emploi

La commune doit concilier la croissance de la population, la place des zones d’activités et la préservation d’un territoire encore agricole et naturel. En 2018, les forêts et milieux semi-naturels couvrent 41 % de la commune, contre 51,2 % en 1990, selon la base européenne Corine Land Cover citée par Wikipédia.

Gestion et finances publiques

Selon l’OFGL, le budget principal a perçu 2 671 307 euros de recettes de fonctionnement en 2025, pour 2 249 376 euros de dépenses. L’épargne brute, c’est-à-dire l’argent qui reste pour investir et rembourser les emprunts, s’élève à 421 932 euros, contre 508 193 euros en 2024.

La commune a investi 760 821 euros en 2025, contre 1 106 587 euros en 2024. Fait rare, le budget principal n’a aucune dette, fin 2024 comme fin 2025. Les impôts locaux rapportent 2 133 110 euros, et la dotation globale de fonctionnement de l’État 213 075 euros. La commune gère aussi un budget annexe pour sa crèche, qui a perçu 585 474 euros de recettes de fonctionnement en 2025.

Culture et patrimoine

La commune est placée sous le patronage de saint Antoine de Padoue, fêté le 13 juin. L’église paroissiale Saint-Antoine-de-Padoue conserve un tableau du XVIIe siècle classé au titre des monuments historiques. Devant la mairie, le monument aux morts est l’œuvre du sculpteur Noël Bonardi (1934-2012), né et mort à Afa, dont les statues sont visibles dans de nombreux lieux de Corse.

Le saviez-vous ?

Le rapport de 1850 qui a créé Afa estimait que donner une mairie à des « populations nomades » de bergers les aiderait à perfectionner leur agriculture et leur industrie.

Afa en vidéo

Aucune émission de Média Cyrnea n’est encore consacrée à Afa. Un sujet à nous proposer, un invité à nous suggérer ? Écrivez-nous.

Sources

Crédits photos

  • L’église du centre d’Afa, façade rose et blanche à arcades, au-dessus d’un muret de pierre, sous un ciel bleu — Clemensfranz, CC BY-SA 3.0
  • La mairie d’Afa, bâtiment moderne à grandes baies vitrées, avec devant elle le monument aux morts sculpté en pierre — Clemensfranz, CC BY-SA 3.0

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