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Les maisons de Campile alignées sous une colline boisée, avec au premier plan une ancienne bâtisse en pierre, des jardins et la route d’entrée du village
Photo : Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

Village · Haute-Corse · Casacconi (Castagniccia), moyenne vallée du Golo

Campile : histoire, économie et enjeux

Campile, ancien chef-lieu de la piève de Casacconi au-dessus du Golo : église Saint-Pierre-Saint-Paul classée, famille Gavini, hameaux, budget et élus.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Le village de la piève de Casacconi

Campile (Campile) est un village de montagne de Haute-Corse, au sud du Golo, dans sa moyenne vallée, au nord de la Castagniccia. Il était le chef-lieu historique de l’ancienne piève de Casacconi, qui réunissait aussi Crocicchia, Ortiporio, Penta-Acquatella, Prunelli-di-Casacconi, Monte et Olmo. Le village est bâti sur un promontoire d’une arête rocheuse qui part du Monte Castellare (1 011 mètres, point culminant de la commune) et descend jusqu’au fleuve. La commune compte plusieurs hameaux : Canaghia, ancien village doté d’une petite chapelle médiévale Saint-Michel, Vergagliese, d’où l’on voit la plaine de la Casinca et la mer, Costa et Antibia. On y accède depuis Barchetta, sur la commune de Volpajola, par un pont du XIXe siècle sur le Golo puis par la route départementale 515.

À la fin du XVe siècle, Campile figure parmi les lieux habités de la piève de Casacconi. Au début du XVIIIe siècle, l’abbé Accinelli lui attribue 307 habitants répartis en trois hameaux. Pendant la révolte des Corses contre Gênes (1729-1769), les habitants du Casacconi prennent part aux consultes. Après la Révolution, la piève devient le canton de Casacconi, renommé canton de Campile en 1828. En 1973, ce canton est fusionné avec celui de Campitello dans le canton d’Alto-di-Casacconi.

Au XIXe siècle, le village est le berceau de la famille Gavini, l’un des clans politiques influents de la Corse. Denis Gavini a été préfet sous le Second Empire, et son frère Sampiero Gavini est élu conseiller général du canton de Campile en 1852.

L’économie, d’hier à aujourd’hui

Les châtaigneraies couvraient autrefois une grande partie des hauteurs : la Castagniccia est le secteur où la culture de la châtaigne a été poussée le plus loin en Corse. Des séchoirs à châtaignes du XIXe siècle subsistent dans la commune.

Selon l’INSEE, Campile compte 181 habitants en 2023, contre 304 en 1968. Les résidences secondaires (126) y sont plus nombreuses que les résidences principales (96). L’INSEE recense 26 emplois en 2023 et 6 établissements fin 2024. L’école primaire et le médecin les plus proches se trouvent à Barchetta.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Campile fait partie de la communauté de communes de la Castagniccia-Casinca, dont le siège est à Vescovato, et du canton de Golo-Morosaglia. Aux municipales de mars 2026, une seule liste se présentait, « Campile in cumunu », conduite par Lionel Pasqualini. Elle obtient les 11 sièges dès le premier tour, avec 163 votants sur 217 inscrits (résultats provisoires du ministère de l’Intérieur).

Gestion et finances publiques

En 2025, le budget principal compte environ 258 000 euros de recettes de fonctionnement pour 230 000 euros de dépenses, soit une épargne brute d’environ 28 000 euros. La commune investit fortement depuis deux ans : environ 688 000 euros de dépenses d’équipement en 2024, puis 612 000 euros en 2025, soit 3 307 euros par habitant (population retenue par l’OFGL). La dette atteint environ 624 000 euros fin 2025, soit 3 375 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Culture et patrimoine

L’église paroissiale Saint-Pierre-Saint-Paul est classée monument historique depuis 1984. Selon la base Mérimée, l’édifice, qui existait au XVIIe siècle, a été agrandi en 1766 sur les plans de Frediani, de Penta-di-Casinca, et ses décors intérieurs ont été achevés en 1770. Sa façade baroque est surmontée d’un fronton portant la tiare papale et les clés de saint Pierre ; l’intérieur compte trois nefs et huit chapelles latérales. L’ancien clocher, haut de quatre étages, s’est effondré le 3 mars 1918 ; le monument aux morts a été élevé à son emplacement. Le saint patron, saint Pierre aux Liens, est fêté le 1er août.

À l’entrée du village, une fontaine érigée en 1917 porte le buste de Denis Gavini. Les chapelles Saint-Antoine-de-Padoue (Vergagliese), Saint-Roch (Costa) et Notre-Dame-de-Lavasina (Antibia), du XVIIIe siècle, ainsi que plusieurs chapelles funéraires, sont recensées à l’Inventaire général du patrimoine culturel.

Campile en vidéo

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Sources

Crédits photos

  • Les maisons de Campile alignées sous une colline boisée, avec au premier plan une ancienne bâtisse en pierre, des jardins et la route d’entrée du village — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0
  • Le hameau de Vergagliese, à Campile, ses maisons aux toits rouges sur une arête, avec les collines et la mer au loin — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

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