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L'étang d'Urbino à Ghisonaccia : eau calme, rive boisée de maquis et de pins, une ancienne cuve rouillée au bord de l'eau
Photo : Pierre Bona, CC BY-SA 3.0

Ville · Haute-Corse · Fium’Orbu

Ghisonaccia : histoire, économie et enjeux

Ghisonaccia, née en 1845 au cœur de la plaine orientale : comment une terre de bergers est devenue un pôle agricole et touristique de plus de 4 400 habitants.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

De la plaine des bergers à la petite ville

Ghisonaccia s’étend au sud de la plaine orientale, entre le fleuve Fiumorbo et la mer. Presque tout son territoire se trouve à moins de 100 mètres d’altitude, ce qui est rare en Corse.

Son nom vient de Ghisoni, le village de montagne voisin. Pendant longtemps, la plaine marécageuse est peu habitée. Les habitants de Ghisoni y descendent pour cultiver leurs champs et faire paître leurs troupeaux l’hiver. Ils y construisent peu à peu des maisons.

La commune de Ghisonaccia est créée en 1845, par détachement de la commune de Lugo-di-Nazza. Le chemin de fer de la côte orientale a eu une gare dans la plaine, au hameau aujourd’hui appelé Ghisonaccia-Gare. La ligne a disparu depuis.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’aérodrome de Ghisonaccia-Alzitone accueille des avions de l’armée de l’air américaine, notamment en 1944. La plaine est ensuite assainie et mise en valeur.

La population passe de 2 473 habitants en 1968 à 4 405 en 2023 (INSEE). Ghisonaccia est aujourd’hui l’une des principales communes de la plaine orientale.

L’économie d’hier

Jusqu’au milieu du XXe siècle, la plaine sert surtout aux troupeaux et aux cultures des villageois de la montagne. À partir de 1957, la SOMIVAC (Société d’aménagement pour la mise en valeur de la Corse) irrigue et équipe la plaine orientale. Elle y distribue des lots agricoles, en grande partie à des rapatriés d’Algérie. La vigne et les agrumes se développent. Dans les années 1960, cet essor agricole fait de Ghisonaccia une petite cité prospère. Une cave coopérative viticole est installée au hameau de Saint-Antoine.

L’économie d’aujourd’hui

À partir des années 1980, des agriculteurs se lancent aussi dans le tourisme : villages de vacances et campings s’installent le long des plages, comme celle de Vignale.

Selon l’INSEE, la commune compte 2 386 emplois en 2023, plus que le nombre d’actifs occupés qui y vivent (1 795) : elle attire des travailleurs des alentours. Selon le détail par secteur de l’INSEE, l’agriculture représente 10,7 % des emplois (249 emplois). La construction pèse 17 % des emplois, en nette hausse depuis 2012.

En 2024, l’INSEE recense 640 établissements actifs hors agriculture. Près de 29 % relèvent du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration. Au 1er janvier 2026, la commune compte 3 campings classés (1 049 emplacements) et 2 hôtels (28 chambres).

Le logement montre le poids du tourisme : sur 3 991 logements, 47,2 % sont des résidences secondaires ou des logements occasionnels. Le niveau de vie médian est de 21 690 euros par an en 2023.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux municipales du 15 mars 2026, une seule liste se présente : « Tutti per Ghisonaccia », conduite par Francis Giudici. Elle obtient les 27 sièges du conseil municipal et les 11 sièges de la commune au conseil communautaire. La participation est de 62,95 %.

Économie et emploi

Le chômage reste élevé : 15,1 % des 15-64 ans en 2023, au sens du recensement, après 17,6 % en 2017. Chez les 15-24 ans, il atteint 36,6 %. L’emploi dépend beaucoup de la saison touristique et du bâtiment.

Gestion et finances publiques

D’après l’OFGL, le budget principal 2025 compte environ 5,24 millions d’euros de recettes de fonctionnement pour 4,65 millions de dépenses. L’épargne brute atteint 0,59 million. La commune a beaucoup investi : 6 millions d’euros de dépenses d’équipement en 2025, financées en partie par des dotations, des subventions et 1,96 million d’euros de nouveaux emprunts. L’encours de dette s’élève à 5,4 millions, soit environ 1 260 euros par habitant (population retenue par l’OFGL).

Ghisonaccia est le siège de la communauté de communes de Fium’Orbu Castellu, créée en 2012 et active depuis le 1er janvier 2013. Elle regroupe 13 communes (BANATIC).

Culture et patrimoine

L’étang d’Urbino, au nord-est de la commune, est le deuxième plus grand étang de Corse après celui de Biguglia. Au sud de l’étang, le domaine de Pinia appartient au Conservatoire du littoral. Pour une autre ville de la côte orientale, voir la fiche de Porto-Vecchio ou celle de Bastia.

Le saviez-vous ?

  • Ghisonaccia a deux arbres remarquables. L’« Arburacellu », un chêne-liège dont le tronc évoque un grand oiseau, a remporté le prix du public du concours « Arbre de l’année » 2018. Il a ensuite représenté la France au concours européen.
  • Un lentisque remarquable, « U Listincu », pousse lui aussi sur la commune, près des ruines d’une ancienne bâtisse en pierre.
  • La commune ne compte qu’environ 64 habitants au km² en 2023.

Ghisonaccia en vidéo

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Sources

Crédits photos

  • L’étang d’Urbino à Ghisonaccia : eau calme, rive boisée de maquis et de pins, une ancienne cuve rouillée au bord de l’eau — Pierre Bona, CC BY-SA 3.0
  • Le lentisque remarquable de Ghisonaccia, un arbre au feuillage dense et arrondi, près d’un mur de pierres en ruine, montagnes au fond — TeletubAstyanax, CC BY-SA 4.0
  • Plage de sable clair de Ghisonaccia face à une mer calme, en fin de journée — Bartek Ptaszyński, CC BY-SA 4.0

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