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L'église Saint-Pierre d'Alata, aux murs clairs et au clocher surmonté d'un petit dôme, devant une colline boisée
Photo : Alata72, CC BY-SA 4.0

Ville · Corse-du-Sud · Pays ajaccien

Alata : histoire, économie et enjeux

Alata, sur les hauteurs d’Ajaccio : berceau des Pozzo di Borgo, château de la Punta, trésor de Lava, forte croissance et finances d’une commune périurbaine.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Alata, des tours de Monticchi aux portes d’Ajaccio

Alata (A Lata en corse) est une commune de la Corse-du-Sud, à environ 7 kilomètres du centre d’Ajaccio. Son territoire, d’environ 30 km², s’étend des hauteurs de la Punta Pozzo di Borgo (782 m) jusqu’à la mer, qu’il atteint au golfe de Lava. Le village est bâti vers 400 mètres d’altitude, sur le versant sud du pic Urticelli. La commune compte aussi le hameau de San Benedetto. Ses habitants sont les Alatais (Alatesi en corse).

L’inventaire archéologique de la commune, achevé en 2010, a montré une présence humaine dès le Néolithique. Au Moyen Âge, un premier village s’installe sur les pentes de la Punta Pozzo di Borgo, près des tours de Monticchi, un poste de défense et de guet dont il reste des ruines. Après les guerres du XVIe siècle et les raids barbaresques, ce site est abandonné au profit du village actuel.

Alata est le berceau de la famille Pozzo di Borgo. Charles-André Pozzo di Borgo y naît en 1764 : d’abord proche de Pascal Paoli, il devient ensuite un diplomate au service de la Russie et un adversaire de Napoléon. En 1862, Alata cède, avec Ajaccio, une partie de son territoire pour former la commune de Villanova.

La population a fortement augmenté avec l’extension de l’agglomération ajaccienne : 410 habitants en 1968, 2 077 en 1990, 3 244 en 2017 et 3 681 en 2023 (INSEE), soit environ neuf fois plus qu’en 1968 selon notre calcul.

L’économie d’hier

Avant l’essor de l’agglomération, Alata était un petit village rural : il ne comptait que 410 habitants en 1968. L’élevage y reste présent : des éleveurs produisent encore des spécialités corses comme le brocciu ou le figatellu.

L’économie d’aujourd’hui

Alata est aujourd’hui une commune résidentielle de la banlieue d’Ajaccio : l’INSEE la classe dans l’unité urbaine d’Ajaccio. En 2023, la commune ne compte que 408 emplois pour 3 681 habitants : une grande partie des actifs travaille donc ailleurs, surtout dans l’agglomération. Le taux de chômage des 15-64 ans est de 7,0 %.

Fin 2024, l’INSEE recense 93 établissements actifs et 346 salariés. La construction est le premier secteur d’emploi salarié (126 salariés), devant le commerce, les transports et les services (112 salariés). Les résidences secondaires représentent 6,7 % des logements. Le niveau de vie médian atteint 31 500 euros par an en 2023.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Aux élections municipales du 15 mars 2026, deux listes étaient en présence (résultats provisoires du ministère de l’Intérieur). La liste « Incu voi, per voi », conduite par Étienne Ferrandi, l’a emporté dès le premier tour avec 65,83 % des voix et 23 sièges sur 27. La liste « Alata, Tarra viva », conduite par Véronique Pietri, a obtenu 34,17 % et 4 sièges. La participation a atteint 78,95 %. Alata fait partie de la communauté d’agglomération du Pays Ajaccien, où elle dispose de 5 sièges.

Économie et emploi

L’urbanisation est l’enjeu principal. La commune révise son plan local d’urbanisme (PLU) depuis 2018. Le 9 mars 2026, le conseil municipal a confié l’étude de cette révision générale au cabinet Alpicité, pour deux ans et 67 560 euros. Alata est aussi une commune littorale : la loi Littoral y limite les constructions près du rivage.

Gestion et finances publiques

Selon l’OFGL, le budget principal a perçu 3 478 470 euros de recettes de fonctionnement en 2025, pour 2 604 441 euros de dépenses. L’épargne brute, c’est-à-dire l’argent qui reste pour investir et rembourser les emprunts, s’élève à 874 029 euros, contre 1 011 389 euros en 2024.

La commune a investi 1 374 999 euros en 2025. Sa dette baisse nettement : 2 722 738 euros fin 2024, puis 2 006 717 euros fin 2025, soit 540 euros par habitant (population retenue par l’OFGL). Les impôts locaux rapportent 2 355 334 euros, et la dotation globale de fonctionnement de l’État 571 928 euros.

Culture et patrimoine

Le château de la Punta domine Ajaccio depuis les hauteurs de la commune. Après l’incendie du palais des Tuileries, à Paris, en 1871, la famille Pozzo di Borgo achète des pierres sculptées du palais et les fait remonter en Corse. Le château est construit à la fin du XIXe siècle : sa façade nord reprend une partie de l’œuvre de Jean Bullant, sa façade sud une partie de celle de Philibert Delorme. Il est classé monument historique depuis le 7 février 1977. Un incendie l’endommage gravement en 1978. Racheté par le département en 1991-1992, il appartient aujourd’hui à la Collectivité de Corse, qui mène des travaux de sauvegarde et de restauration.

Le village compte aussi l’église Saint-Pierre-aux-Liens, l’église Saint-Benoît de San Benedetto et la chapelle funéraire des Pozzo di Borgo.

Le saviez-vous ?

En novembre 1985, lors d’une pêche aux oursins entre amis dans le golfe de Lava, un jeune Ajaccien découvre des pièces d’or romaines. D’autres objets, dont un grand plat en or, sont remontés dans les mois suivants. Ce « trésor de Lava » date du IIIe siècle : ses monnaies portent l’effigie des empereurs Gallien, Claude II, Quintille et Aurélien. Une grande partie a été dispersée illégalement. L’État considère ces pièces comme sa propriété. Le 27 mars 2024, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné la personne qui l’a découvert et un complice à de la prison avec sursis et à une amende douanière de 200 000 euros, pour le recel d’un plat en or venant de ce trésor ; la défense a annoncé faire appel, et cette décision de première instance n’est pas définitive à notre connaissance. En septembre 2025, la Norvège a rendu à la France une pièce du trésor.

Alata en vidéo

Aucune émission de Média Cyrnea n’est encore consacrée à Alata. Un sujet à nous proposer, un invité à nous suggérer ? Écrivez-nous.

Sources

Crédits photos

  • L’église Saint-Pierre d’Alata, aux murs clairs et au clocher surmonté d’un petit dôme, devant une colline boisée — Alata72, CC BY-SA 4.0
  • La façade nord du château de la Punta, grand pavillon de pierre claire à toit d’ardoise, entouré d’arbres, avec la vallée en contrebas — H. Muraccioli, Domaine public

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