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Le village de Cargèse étagé sur une colline couverte de maquis, au-dessus de la mer, à la lumière du soir
Photo : Björn S., CC BY-SA 3.0

Village · Corse-du-Sud · Deux-Sevi

Cargèse : histoire, économie et enjeux

Cargèse, le village corse fondé par des familles grecques venues du Magne : ses deux églises face à face, son économie, ses finances et ses enjeux actuels.

Par la rédaction de Média Cyrnea · Mis à jour le

Cargèse, le village des Grecs de Corse

Cargèse, Carghjese en corse, se trouve sur la côte ouest de l’île, à environ 35 km au nord d’Ajaccio à vol d’oiseau. La commune couvre près de 46 km². Son histoire est unique en Corse : elle a été peuplée par des familles grecques.

Au XVIIe siècle, des Grecs du Magne, dans le sud du Péloponnèse, veulent fuir la domination ottomane. Ils négocient avec la République de Gênes, qui leur accorde des terres en Corse à condition de reconnaître l’autorité du pape. Le 14 mars 1676, plusieurs centaines d’entre eux débarquent dans l’île et fondent le village de Paomia, sur les hauteurs proches de l’actuel Cargèse.

Fidèles à Gênes pendant la révolte corse, les Grecs sont attaqués. En avril 1731, ils abandonnent Paomia et se réfugient à Ajaccio.

En 1768, Gênes cède la Corse à la France. Le comte de Marbeuf, qui commande les troupes françaises dans l’île, obtient pour les Grecs le territoire de Cargèse. Le village est fondé en 1774 et les familles grecques s’y installent à partir de 1775.

Aux XIXe et XXe siècles, Cargèse garde la mémoire de ses origines, notamment à travers la liturgie de rite grec. Sa population passe de 753 habitants en 1968 à 1 150 en 2023, selon l’INSEE.

L’économie d’hier

Les familles grecques reçoivent des terres, d’abord de Gênes à Paomia, puis de la France à Cargèse. Le village reste longtemps modeste : l’INSEE y compte 753 habitants en 1968.

La population augmente ensuite à chaque recensement, jusqu’à 1 325 habitants en 2017.

L’économie d’aujourd’hui

Le tourisme est devenu la principale activité. Les plages, le port de plaisance et un village de vacances installé à Chiuni attirent de nombreux visiteurs l’été.

Selon l’INSEE, Cargèse compte 379 emplois en 2023 et 247 établissements actifs en 2024. Plus d’un tiers d’entre eux (37,2 %) relèvent du commerce, des transports, de l’hébergement et de la restauration.

Le taux de chômage des 15-64 ans est de 10,1 % en 2023. Le niveau de vie médian s’élève à 23 250 euros par an.

Les enjeux d’aujourd’hui

Politique et institutions

Trois listes se présentaient au premier tour des municipales, le 15 mars 2026. Au second tour, le 22 mars, la liste « Inseme per Carghjese », conduite par Jean-Claude Donzella, a obtenu 65,87 % des voix et 13 sièges sur 15. La liste « Carghjese dumane – Cargèse demain », conduite par Jérôme Alessandri, a obtenu 34,13 % et 2 sièges. La participation a atteint 88,38 %, selon les résultats provisoires du ministère de l’Intérieur.

Cargèse fait partie de la communauté de communes Spelunca-Liamone.

Économie et emploi

Le logement est marqué par le tourisme. En 2023, sur 1 896 logements, 1 313 sont des résidences secondaires, soit 69,3 %. Les résidences principales ne représentent que 30,7 % du parc. L’INSEE ne recense aucun logement vacant.

La population a baissé ces dernières années : 1 325 habitants en 2017, 1 150 en 2023.

Gestion et finances publiques

En 2025, selon l’OFGL, le budget principal a perçu 3,05 millions d’euros de recettes de fonctionnement, pour 2,67 millions de dépenses. L’épargne brute, ce qui reste pour investir ou rembourser la dette, s’élève à 0,38 million d’euros, contre 0,73 million en 2024.

La commune a consacré 1,61 million d’euros aux équipements. La dette du budget principal atteint 2,41 millions d’euros fin 2025.

Deux services ont leur budget séparé. Le service de l’eau et de l’assainissement a perçu 1,02 million d’euros de recettes de fonctionnement en 2025. Le service du port en a perçu 1,45 million. Aucun des deux n’a de dette.

Culture et patrimoine

Deux églises se font face dans le village. L’église dite latine a été construite de 1825 à 1828, après une souscription lancée en 1817 par les familles non grecques. Son clocher a été commencé en 1847. Elle est inscrite monument historique depuis le 13 février 1989.

L’église Saint-Spyridon, dite grecque, sert au rite grec. En 1846, les chefs de famille grecs demandent une église capable d’accueillir 525 fidèles. Elle est bâtie dans le dernier tiers du XIXe siècle, avec des campagnes en 1868 et 1874. Elle est classée monument historique depuis le 30 juin 1990.

Les deux églises sont catholiques : l’une suit le rite latin, l’autre le rite grec.

Le saviez-vous ?

  • Cargèse accueille l’Institut d’études scientifiques de Cargèse, un centre de conférences de physique lié au CNRS. Le 7 octobre 2022, la Société européenne de physique l’a désigné « site historique ».

Cargèse en vidéo

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Sources

Crédits photos

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