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Le chant polyphonique corse, une tradition vivante
Trois voix, une oreille tendue vers l’autre : d’où vient la paghjella, comment fonctionne ce chant polyphonique corse et comment se transmet-il aujourd’hui ?
Par Rédaction Média Cyrnea Publiée le 2 min de lecture Durée de la vidéo : 38 minutes
Avec Invité d’exemple, Chanteur de paghjella
Transcription intégrale
Introduction
Présentatrice : Bonjour à toutes et à tous. Aujourd’hui, dans notre rubrique Culture, nous parlons d’un chant que beaucoup reconnaissent dès les premières notes, sans toujours savoir comment il fonctionne : le chant polyphonique corse, et en particulier la paghjella.
Trois voix : a seconda, u bassu, a terza
Présentatrice : Commençons par l’essentiel. Une paghjella, c’est combien de voix ?
Chanteur invité : Trois voix d’hommes, traditionnellement. A seconda, la voix du milieu, lance le chant et porte la mélodie. U bassu, la voix grave, la soutient. Et a terza, la voix la plus aiguë, vient orner l’ensemble. Ce qui frappe, c’est que chacun chante en écoutant les deux autres : les chanteurs se tiennent souvent très près, une main sur l’oreille.
Présentatrice : Il n’y a pas de partition ?
Chanteur invité : Non, c’est une tradition orale. On apprend en écoutant et en chantant avec les anciens. Chaque village, presque chaque groupe, a ses manières et ses ornements.
Du village au patrimoine mondial
Présentatrice : Ce chant a failli disparaître, n’est-ce pas ?
Chanteur invité : Au cours du XXe siècle, avec l’exode rural, la transmission s’est fragilisée. Puis, dans les années 1970, le mouvement du « riacquistu », la réappropriation culturelle, a remis ces chants au cœur de la vie de l’île. De nombreux groupes sont nés à cette époque.
Présentatrice : Et en 2009, une reconnaissance internationale.
Chanteur invité : Oui. Le cantu in paghjella profane et liturgique a été inscrit par l’UNESCO sur la liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente. Le mot important, c’est « urgente » : cette inscription n’est pas une médaille, c’est un engagement à transmettre.
Transmettre aujourd’hui
Présentatrice : Concrètement, comment ce chant se transmet-il aujourd’hui ?
Chanteur invité : Par les confréries, par les groupes, par des ateliers et des écoles de chant, et aussi par l’enseignement de la langue corse, parce que le chant et la langue vont ensemble. Les enregistrements aident, mais rien ne remplace le fait de chanter à côté de quelqu’un.
Présentatrice : Merci. Dans une prochaine émission, nous irons à la rencontre d’une confrérie. À bientôt sur Média Cyrnea.